pLa prévention des risques professionnels _____________________________________________________________________________ L’évaluation des risques professionnels L’évaluation des risques constitue une demande récente, en lien avec les obligations réglementaires du décret du 5/11/01 et sa circulaire. La méthode doit s’ajuster au fait que les entreprises demandeuses sont généralement de petite taille et ont souvent une attitude défensive, considérant cette évaluation comme une contrainte de plus qu’on leur fait subir. L’enjeu est alors de les amener à découvrir l’évaluation comme une perspective utile pour elles (1). La prévention des TMS La prévention des TMS constitue un axe important de développement et de reconnaissance des compétences d’OMNIA. Le fait d’avoir co-rédigé un ouvrage sur la prévention des TMS (2) a certainement contribué à identifier notre compétence. Des médecins du travail, des responsables de ressources humaines et des responsables de production nous ont consultés. Nous nous rendons compte que la mise en lien des TMS avec l’organisation ouvre systématiquement dans l’entreprise des nouvelles possibilités d’actions, non seulement de prévention mais aussi d’efficacité (3). La prévention des risques psychosociaux Les « risques psychosociaux » recoupent un grand nombre de situations pouvant rendre l’activité de travail et les relations professionnelles pénibles à vivre pour les salariés. Qu’il s’agisse de fatigue, d’un sentiment de mal-être ou de manifestations somatiques chez des personnes ou de conflits, de tensions ou d’agissements agressifs, voire violents, au sein d’équipes de travail, les conséquences des risques psychosociaux portent atteinte à la fois à la santé des salariés et à la qualité des relations professionnelles et du travail. La seule identification de « facteurs de risque », à l’occasion d’accidents, de conflits ou de situations de crise, tend le plus souvent à accorder à l’engagement psychique dans le travail et aux régulations collectives une valeur négative (un "défaut" de…). Notre approche s’appuie au contraire sur la dimension psychosociale propre à toute activité, c’est-à-dire aux savoir-faire de métier, aux relations d’équipe(s), aux stratégies de protection et de gestion des situations sollicitantes présents dans l’ activité ordinaire de travail (4). Le RPS - et ses manifestations - apparaît dès lors moins comme une faiblesse à combler que l'indice d'un déséquilibre introduit dans la dynamique du travail (développement des compétences, mise en débat des règles collectives, marges de manoeuvre dans l'environnement technique, participation aux projets de changement, dynamique de la reconnaissance...) qu’il s’agit de comprendre afin de conduire les changements nécessaires pour redonner du souffle à l’activité. Le management de la prévention Avant que n’arrive le décret sur l’évaluation des risques, des grandes entreprises nous ont demandé de les aider à redéfinir leur management de prévention au niveau Groupe. Leur approche de la prévention, reposant sur des postulats « classiques » (comportements fautifs ou déficients, apport autosuffisant de confort physique au poste de travail …), avait atteint leur seuil d’efficacité. L’intervention ergonomique a permis d’envisager la prévention avec d’autres postulats, notamment celui de considérer l’absence d’accidents de travail. En effet, l’absence d’accident de travail ne résulte pas de l’absence de risques mais de la capacité des opérateurs de constituer et mobiliser des pratiques de prévention, dans leur activité. En quelque sorte, l’accident du travail survient quand l’opérateur ne peut pas constituer ou mobiliser ses pratiques de prévention. Tout l’enjeu de la prévention consiste, pour le management, à anticiper ces moments et à apprendre à agir avant leur survenue (5). L’ergonomie contribue à donner les objectifs et les moyens de ce management. (1) « Avec l’approche travail dans l’évaluation des risques professionnels, enfin du nouveau en prévention » F. Bourgeois et L. Van Belleghem - dans l’ouvrage « Travailler, une expérience quotidienne du risque », Ed Octares 2004. (2) « TMS et Travail - quand la santé interroge l’organisation » F Bourgeois, C Lemarchand, F Hubault, C Brun, A Polin, JM Faucheux, P Douillet, E Albert - Ed Anact 2006. (3) « Comment les logiques clients pèsent sur le travail : l’hypothèse (contre-intuitive) du lien entre diversification de la production et TMS » L Van Belleghem avec B. Salher, 41 ème congrès de le Société d’Ergonomie de Langue Française - 2006. (4) De Gasparo, S., Mezzarobba, D., et Wallet, M. (2007). « L’enjeu d’une problématique qui intègre des indicateurs qualitatifs pour la gestion des risques psychosociaux ». Colloque de l’Association internationale de Sécurité sociale, juin 2007. Athènes. (5) « Comment aider l’encadrement de proximité à faire des arbitrages face à des situations à risques » F Bourgeois, F Hubault, H Benchekroun, congrès SELF d’Aix en P, 2002
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